J’ai découpé l’annonce dans un numéro de Science & Vie : un ordinateur pour 670 francs français ! Mon père, qui venait de l’industrie mais qui ne connaissait pas spécialement l’informatique bien qu’ingénieur, était prêt à jurer que c’était une arnaque. Mais l’objet — le Sinclair ZX81 — avait un certain succès et Science & Vie en parlait justement beaucoup. J’ai donc fini par convaincre mes parents de me l’acheter. La somme n’avait rien de négligeable, je suppose que ça revenait à quelque chose comme 300 euros actuels.
Cela a donc été mon premier ordinateur, et seulement le second que je voyais de ma vie — le premier était l’Apple II du père d’un copain, ordinateur sur lequel j’ai pu voir Hamurabi, un jeu de gestion bien antérieur à Populous ou Sim City.
Le manuel du ZX pesait plus lourd que l’ordinateur lui-même, quelques centaines de grammes de plastique noir que l’on branchait sur le téléviseur pour pouvoir écrire des programmes en langage Basic. Il fallait tout apprendre. La presse (S & V, Le Haut Parleur et Electronique pratique) diffusait des pages de code à recopier pour pouvoir ensuite admirer le résultat.
J’ai écrit mon meilleur programme sans ordinateur : en vacances avec mes parents, j’ai eu l’idée d’un « donjons et dragons » (j’écoutais alors sur France Inter une émission de Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet inspirée par le célèbre jeu de rôles) sur ordinateur, et j’ai acheté un cahier. J’écrivais mon programme dans une tente de camping, en buvant du thé à la mandarine que je réchauffais au gaz…
Une fois rentré à la maison, je n’ai même pas eu envie d’essayer le programme : j’étais sûr qu’il fonctionnait bien.
J’ai acheté quelques jeux sur cassette, comme Monster Maze, premier jeu de labyrinthe en 3D…
J’ai passé des mois à apprendre le Basic mais j’ai fait l’impasse sur les appels directs à la mémoire vive, les « peek » et « poke ». Je me suis senti découragé aussi par l’assembleur, et au fond c’est dommage, mes travaux étaient ainsi assez limités.
Un jour mon ZX a tourné une journée entière — j’avais oublié de l’éteindre. Il était si chaud qu’on aurait pu faire cuire un oeuf dessus. Plusieurs touches avaient cessé de fonctionner. Ça a été la fin de ma période ZX81.
Je suis revenu à l’ordinateur trois ans plus tard avec une machine autrement plus ambitieuse : l’Atari 520 ST. Mais c’est une autre histoire.
Thèmes: basic, ordinateur, programmation, sinclair, zx81





héhé moi c’est le Atari 520 ST mon premier ordi