de | fr

Le sujet: basic

Mon ZX81

Ecrit par Jean-Noël L. de Cormeilles-en-Parisis, AG le 28. décembre 2009, 1 commentaire Commentaires.

J’ai découpé l’annonce dans un numéro de Science & Vie : un ordinateur pour 670 francs français ! Mon père, qui venait de l’industrie mais qui ne connaissait pas spécialement l’informatique bien qu’ingénieur, était prêt à jurer que c’était une arnaque. Mais l’objet — le Sinclair ZX81 — avait un certain succès et Science & Vie en parlait justement beaucoup. J’ai donc fini par convaincre mes parents de me l’acheter. La somme n’avait rien de négligeable, je suppose que ça revenait à quelque chose comme 300 euros actuels.

zx81Cela a donc été mon premier ordinateur, et seulement le second que je voyais de ma vie — le premier était l’Apple II du père d’un copain, ordinateur sur lequel j’ai pu voir Hamurabi, un jeu de gestion bien antérieur à Populous ou Sim City.

Le manuel du ZX pesait plus lourd que l’ordinateur lui-même, quelques centaines de grammes de plastique noir que l’on branchait sur le téléviseur pour pouvoir écrire des programmes en langage Basic. Il fallait tout apprendre. La presse (S & V, Le Haut Parleur et Electronique pratique) diffusait des pages de code à recopier pour pouvoir ensuite admirer le résultat.

J’ai écrit mon meilleur programme sans ordinateur : en vacances avec mes parents, j’ai eu l’idée d’un « donjons et dragons » (j’écoutais alors sur France Inter une émission de Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet inspirée par le célèbre jeu de rôles) sur ordinateur, et j’ai acheté un cahier. J’écrivais mon programme dans une tente de camping, en buvant du thé à la mandarine que je réchauffais au gaz…

Une fois rentré à la maison, je n’ai même pas eu envie d’essayer le programme : j’étais sûr qu’il fonctionnait bien.

J’ai acheté quelques jeux sur cassette, comme Monster Maze, premier jeu de labyrinthe en 3D…

J’ai passé des mois à apprendre le Basic mais j’ai fait l’impasse sur les appels directs à la mémoire vive, les « peek » et « poke ». Je me suis senti découragé aussi par l’assembleur, et au fond c’est dommage, mes travaux étaient ainsi assez limités.

Un jour mon ZX a tourné une journée entière — j’avais oublié de l’éteindre. Il était si chaud qu’on aurait pu faire cuire un oeuf dessus. Plusieurs touches avaient cessé de fonctionner. Ça a été la fin de ma période ZX81.

Je suis revenu à l’ordinateur trois ans plus tard avec une machine autrement plus ambitieuse : l’Atari 520 ST. Mais c’est une autre histoire.

Le BASIC et les pannes de courant

Ecrit par Elifsu S. de Paris/Istanbul, AG le 15. décembre 2009, 0 commentaires Commentaires.

J’ai un souvenir très net de recopiage ligne par ligne de lignes de code en basic pour me faire des jeux.

istanbul10 begin
20 ...
30...

et ça pouvait aller loin. C’était le milieu des années 80 (mes 10-12 ans, soit 1986-1988).

En cas de panne de courant ou de débranchement accidentel de la prise, on perdait tout. Du jour au lendemain, à moins de tout laisser allumé, on perdait tout aussi. Eh oui, pas encore de disque dur ! Et les pannes de courant étaient plutôt fréquentes en Turquie à cette époque.

Je me souviens ensuite de mon lecteur de cassettes noir (acheté à la FNAC à Paris entre 1980 et 1983) qui permettait d’utiliser des jeux tout prêts, sur mon ordinateur ORIC. Un clavier noir et rouge/orange, un écran cathodique horrible. Pas encore de disquettes. D’ailleurs, je n’ai jamais eu de disquettes à la maison, c’était reservé à l’école. En cours de techno au collège.

Je regrette beaucoup la distance que j’ai ensuite laissé s’installer entre moi et l’informatique, en passant à des systèmes fermés où tout était fourni (logiciels, jeux, etc) et de ne pas avoir continué à tripatouiller du code.

Crédit photo: Victor Radziun

Souvenirs, souvenirs…

Ecrit par Emmanuel G. de Paris/Istanbul, AG le 9. décembre 2009, 0 commentaires Commentaires.

Je ne sais plus en quelle année j’ai commencé mais je me souviens très bien avec quoi : une console Philips Videopac avec son module de ‘programmation’. Le pire, c’est que je ne l’ai jamais programmée ;-)

Ensuite, j’ai pas mal chipoté : Sinclair ZX Spectrum, Sinclair 48K, C64, Shneider CPC6128(?). Ensuite, ça s’est quelque peu emballé et je peux même dire que ce fut la « course à l’armement » : tous les types de CPU et toutes les versions (ou presque) y sont passées. Waouw, ça fait un paquet quand j’y repense.

hp28csA côté de ça, il y a eu aussi des « ovnis » comme la calculatrice HP28C programmée directement en assembleur (par quartet, paquet 4bits), l’AS/400 (RPG/Cobol) et le mainframe S390 (Assembleur, PL/1 et Cobol).

Au niveau des langages, ce fut dans le désordre: Basic, assembleur, pascal, Delphi, Java et Rails (actuellement).

Voilà ma petite histoire.

(Crédit photo HP Museum.)

Ecole de Commerce La Chaux-de-Fonds 1985

Ecrit par Sabrina D. de La Chaux-de-Fonds, NE le 26. novembre 2009, 0 commentaires Commentaires.

Premiers pas dans la programmation en language BASIC. Il fallait construire un organigramme en classe et ensuite vérifier s’il était plausible sur l’ordinateur qui se trouvait dans une autre salle.

Notre prof avait l’habitude de citer toujours le même exemple :
if x 100
then
print 1000x salut

(Désolée pour les erreurs, cela fait si longtemps !)

Il notait toujours : print (imprimer) 1000 fois le mot SALUT.

Je me souviens qu’un jour, alors que nous étions un demi-groupe en classe avec le prof et l’autre demi-groupe en classe d’informatique, un élève est arrivé essouflé, car il avait « lancé » le fameux « print salut ». 1000 pages allaient sortir de l’imprimante !

Et pour ceux qui ont bien suivi les cours, voici un programme que j’ai retrouvé.

DIM x(4096),y(4096) 'nombre de points. Au-delà, on ne distingue plus rien
n=1
co=.5 : si=SQR(3)/2 'cosinus et sinus de la rotation
x(0)=100:y(0)=350:x(1)=500:y(1)=350 'côté initial
WHILE 1
CLS
MOVETO x(0),y(0) 'point de départ, puis 1, 4, 16,..., ..., 4n points
FOR i=1 TO n
LINETO x(i),y(i)
NEXT i
WHILE INKEY$="":WEND
FOR i=n TO 1 STEP -1 'on boucle en décroissant
x(4*i)=x(i):y(4*i)=y(i) 'sinon on écrase les valeurs
NEXT i
n= 4*n 'on subdivise
FOR i=0 TO n-4 STEP 4
dx=(x(i+4)-x(i))/3:dy=(y(i+4)-y(i))/3 'on coupe en 3
x(i+1)=x(i)+dx:x(i+3)=x(i)+2*dx 'on part du 1/3 et on termine aux 2/3
y(i+1)=y(i)+dy:y(i+3)=y(i)+2*dy
x(i+2)=co*dx-si*dy+x(i+1) 'on obtient le nouveau point,
y(i+2)=si*dx+co*dy+y(i+1) 'sommet du triangle équilatéral
NEXT i 'par rotation de 60°.
WEND

La clé du nano-réseau

Ecrit par Arno M. de Courseulles-sur-Mer (France), AG le 19. novembre 2009, 0 commentaires Commentaires.

1985 : en France, le plan « Informatique pour tous » fournit des « nano-réseaux » à tous les collèges publics. Dans le petit établissement rural où je suis élève, très peu de professeurs ont été formés. Pleins de bonne volonté, ils entrevoient confusément les possibilités offertes par les « logiciels éducatifs » édités par Nathan (en réalité, des programmes écrits en Basic et à la hâte, histoire de faire face à la demande du ministère de l’Éducation Nationale…), mais la mise en application est pleine d’obstacles…

Comme je suis le seul élève à connaître par cœur le Basic des ordinateurs Thomson (notre réseau est pourvu d’une dizaine de MO5 et d’un Bull Micral), les enseignants prennent vite l’habitude de me consulter en cas de pépin. J’adore qu’ils débarquent à l’improviste dans la salle de musique ou de maths, s’excusent auprès de leur collègue qui fait cours et me « réquisitionnent » pour un dépannage… Alors j’en rajoute : il suffit d’un bête « EXEC 1216″ pour déplomber les logiciels Nathan et y ajouter les quelques lignes qui feront planter le programme, pile à l’heure de mon interro d’allemand… La tentation est trop forte : j’y cède et conçois quelques jolies bombes à retardement. L’escroquerie fonctionne à merveille : plus il y a de « pannes » et de « bugs », et plus le saboteur honteux que je suis est traité en héros par l’administration. C’est à vous dégoûter d’être honnête !…

Clé.Mieux : le principal me confie la clé de la salle informatique, et explique aux surveillants que j’ai le droit exclusif de m’y rendre quand bon me semble… Finies, les longues heures de permanence bruyante ! Moi, je suis au chaud et je joue à « Androïde »… En mai, j’obtiens l’autorisation d’inviter des copains en salle info, officiellement pour « travailler ensemble sur la conception d’un logiciel de latin. » Il ne nous reste plus qu’à sortir des cintres en métal et du câble coaxial de nos cartables, débrancher les ordinateurs des écrans (qui sont en réalité de classiques TV), régler nos antennes de fortune… et mes copains peuvent se régaler des matches de tennis du tournoi de Roland-Garros !

Mes parents se doutaient-ils, lorsqu’ils m’ont acheté mon premier micro-ordinateur en 1983, qu’ils allaient faire de moi l’escroc le plus populaire du collège ? En tout cas, 24 ans après, je n’arrive toujours pas à éprouver le moindre remords en songeant à ces deux années paradisiaques.

Crédit photo: Lindsey T. (Flickr.com)

 
2010 Ecole-club Migros Conditions de participationMentions légales