Tous les témoignages
Vers les années 1983-84, j’ai entrevu de loin, enfermé dans une pièce à laquelle seuls les profs avaient accès, un objet étrange, gris-verdâtre, appelé « ordinateur » (un Smaky pour ceux qui savent encore ce que c’est). Il semblait être doté de propriétés très particulières que de rares initiés se chuchotaient entre eux dans la cour de récré.
5 ans plus tard, entrée à l’UNIL, un premier texte à rendre dactylographié. J’ai découvert… la machine à écrire électrique de ma maman!
L’année d’après, une puis deux salles informatiques sont créées, peuplées de Macs pour lesquelles il fallait 2 disquettes, une « système » et une pour les données. Chaque disquette faisait 512Kb! Tout plantait régulièrement, car le réseau électrique du BFSH2 n’avait pas vraiment été prévu pour cela…
En 1991, après plusieurs semaines de dur labeur dans un supermarché, je réunis les 4000.- pour m’acheter mon premier ordinateur : un Mac Classic 4/40 et une imprimante! Enfin un Mac qui n’avait pas besoin de disquette système.
Depuis, je les ai tous eu (ou presque) entre les mains. Fidèle à la pomme qui m’offre une grande convivialité, comme je reste une utilisatrice et non une programmatrice (bien que j’ai un souvenir plaisant de nos essais de programmation sur Statview afin de faire des statistiques sur le Valais dans le cadre d’un séminaire en Géo!)
Une dernière anecdote : été 1999, mon mari revient à la maison avec une collection de cables, une boîte noire bizarre, et il entreprend de bidouiller le téléphone et l’ordinateur.
- C’est internet ma chérie, tu verras c’est génial!
- Quoi, qu’est-ce que c’est que ce truc? encore un gadget qui ne va pas fonctionner…!
Hmm… vous voyez la suite!
Bon je vous laisse, faut que j’aille recharger mon iPhone…
PS. J’ai dû aller chercher la photo du Mac sur pc-museum.com!
Balayés Server 2003, 2008, et autres Unix & Linux. L’avenir est à MSDOS.
Cette conclusion, je la tire d’un questionnaire que j’ai dû passer récemment, lors d’un entretien pour une inscription en agence d’interim. Nous sommes en 2010, je sors d’un cursus MCSE (globalement, pour les profanes, comprenez « Expert Windows 2003 Server & réseau »). Arrivé à cet entretien, je me retrouve avec, dans les mains, un questionnaire sur MSDOS. Copier une disquette sur un disque dur, combien de ko gère MSDOS nativement pour la RAM, quels sont les fichiers nécessaires à son lancement, etc.
L’entretien qui suit est d’un banal assommant : savez-vous installer une imprimante, réparer un ordinateur, utiliser Active Directory, etc.
Winston Churchill a dit un jour : « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. »
Je n’ai visiblement pas regardé assez loin dans le passé. Mon futur est-il condamné ?
Bill Gates himself avait déclaré que 640 kB de mémoire vive suffiraient pour longtemps. « Peut-être mes petits enfants auront-ils besoin de plus…! »

Aujourd’hui nous en sommes allègrement à 1’600 fois plus. Mais comme disait un certain Jacques Chirac: « Les prévisons sont souvent incertaianes, surtout si elles concernent l’avenir. »
Crédit photo: Rae Allen / Flickr
An 1992. J’ai 9 ans. La révolution informatique entre à la maison — elle coûte cher, mais il paraît qu’elle peut se révéler utile (adieu, machine à écrire et documents à recommencer sans cesse). Peu d’intérêt de mon côté, mais Windows 3 m’amuse, je dois l’avouer: Paint n’a aucun secret pour moi, c’est le début d’une carrière dans le multimédia.
C’est aussi le début d’une certaine solitude: déjà sur NES, Commodore, Amiga auparavant, je découvre le plaisir du jeu vidéo sur cette nouvelle station… Jeux tout pixellisés, mais à la fois si charmants. Cette allure de technologie passionne la graine de geek qui approche de ses 10 ans.
Et puis d’un coup, tout s’accélère. Jobs, Gates et toute la compagnie se mettent de grands coups de pied aux fesses mutuels et se ruent dans une course folle.
Les Pentiums se succèdent dans cette famille à tendance PC, avec leur ribambelle de vocubulaire extra-terrestre (Athlon, Intel, Itanium, AMD…)
An 1998. J’ai 15 ans. Je rêve d’Internet depuis l’instant même où j’en ai entendu parler — je nage en pleine science-fiction (on peut écrire en temps réel à des gens à l’autre bout de la terre, wow)! Au gymnase, c’est la découverte. Tous les midis se déroulent en salle d’informatique, on fait la queue et on « chatte ». Je crée ma première page Web, un recueil de poèmes.
An 2001. J’ai 18 ans et je suis une des premières personnes à rendre son travail de maturité sur support « site Internet ». Pendant ces dernières années, j’ai appris à utiliser Photoshop (qui se souvient de la version 3)? Après quoi, je me lance dans une école d’art et de multimédia… Après tout, pourquoi pas.
Et le Web, lui aussi, évolue. Tout est en ébullition, il est difficile de recaser les événements.
An 2010. J’ai 26 ans. Je n’ai pu relater les 5 premières années, mais aujourd’hui, de mon ordinateur, je peux témoigner un existence d’enthousiasme pour cet objet qui permet d’ouvrir les limites de la communication, qui permet à tout un chacun de s’exprimer, d’avoir une chance — cette inter-connexion exponentielle qui, loin de nous isoler, tisse un lien encore plus simple et accessible entre les individus.
Et vous qui découvrez ces souvenirs et émotions, en êtes la preuve.
7 juin 1980 — je sors du ventre de ma mère, et déjà je rentre en contact direct avec l’informatique, entre autres avec les appareils électroniques, mon père en train de filmer & photographier l’événement.
2 ans — je rampe encore sur mes 4 pattes, mais je joue déjà à la console vidéo avec des jeux ayant 4 pixels qui se courent après comme design.
3 ans — je commence à manier le joystick de mon atari à disquette molle et cartouche.
4-5 ans — je recopie bêtement des lignes de code dans un livre afin d’appuyer sur ENTER à la fin pour lancer ma première application (jeu).
6-8 ans — je bats mon père sur le jeu !
9-10 ans — je recois un AMIGA 500, et je dis aurevoir à l’Atari, les jeux s’accumulent, vive la piraterie sans quoi je n’aurais jamais pu terminer les 1000 jeux que j’avais en stock
.
11-14 ans — j’ai commencé à utiliser les outils informatique non plus seulement pour m’amuser mais pour travailler toujours en gardant du plaisir.
15 ans — j’ai été admis en maturité spécialisée à la Haute Ecole des métiers en voie micro-électronique, j’arrête après un an ! Trop de mecs là-bas…
17 ans — je suis entré au gymnase du Bugnon, je réalise le site internet du gymnase en HTML 1.0!
18 ans — je recois un prix en informatique, qui me permet d’avoir un job d’été chez Mandanet, ce qui est le premier fruit de mon mon travail personnel réalisé en amont.
19 ans — réalisation du premier site internet en Flash 3.0
mon meilleur site d’ailleurs.
20 ans — création de mon premier Forum liant mes amis, sur www.karlito.ch — 3500 messages en peu de temps.
21 ans — j’ai eu mon premier boulot dans un agence de communication ce qui m’a fait réellement rentrer dans le monde du travail et toucher mon premier salaire.
22 ans — je quitte mon premier boulot de motion-designer, car je voyais bien que les heures fixes et que les règles de travail ne me convenaient pas à cette époque, et je lance mon petit business avec mes clients.
24 ans — je remets en question ma routine d’indépendant multimédia et surtout mon positionnement de vie. J’essaie de faire la HEP mais je suis bloqué à cause d’un papier en allemand, et je prends donc la décision de faire une école d’ingénieur des médias (HEIG – comem+)
24-27 ans — WORLD OF WARCRAFT « vie virtuelle & dépendance », 300 jours (7’200 heures) de jeu en 3 ans… les cours de la HEIG sont trop faciles, ou je ne suis pas assez impliqué…
27 ans — à la fin de la formation je redonne la priorité à ma vie professionnelle comme employé, mais je dois pour ça rattraper le retard technologique que j’avais pris à cause de WoW.
28 ans — je me reprends en main totalement, tant dans mon indépendance en quittant mon travail, que dans mon projet de vie. J’essaie de lancer avec un ami un projet de site web communautaire sportif. Ce dernier tombe à l’eau à cause de budget trop énorme, et aussi d’un petit burnout de ma part.
29 ans — aujourd’hui — je suis encore indépendant en multimédia. J’ai dans mon dossier « pressbook » une centaine de projets très variés avec des clients tel que Nestlé, l’UEFA, la BCV, Nespresso, Alinghi, etc… Je suis actuellement en Guadeloupe ou je passe mon hiver. Je peux travailler à distance depuis une petite terrasse au soleil. Je suis à 20% de travail 180% de vie.
Après ça, j’aimerais bien faire un métier un peu plus manuel et moins avec ma tête, dans le bois peut être. Pour l’instant je bosse encore à distance pour la Suisse sur différents projets, Flash, vidéo, présentation & autres. Ça me fait des sous. Peut-être qu’un jour je ressortirai mon papier d’ingénieur pour bosser en tant que logisticien chez Médecins sans Frontières, on verra…

Astalavista!
Ah! Les débuts de l’informatique individuelle. Les Commodore et autre Sinclair branché sur la TV pour l’écran, le cassettophone servant de « disque dur ».
Puis les ancêtres des PC. Certaines manoeuvres aujourd’hui instantannées, par exemple le zoom, vous laissaient largement le temps de vous tirer un café…!